Prier en groupe

Souvent le culte est compris comme le seul rassemblement communautaire de l’Église locale. Et l’on regrette parfois le peu de place laissé au silence et la prière. Ici, Agnès von Kirchbach nous décrit l’organisation d’un moment de prière en groupe, alliant expression personnelle et communautaire de la prière. Simple et profonde, la prière apparaît ici comme un rendez-vous communautaire essentiel.

Type de la manifestation

Réunion de prière

Objectifs poursuivis

Permettre à des personnes d’âges, d’expériences et de cultures assez différents de se retrouver pour un temps de prière structuré et souple à la fois.

Présentation détaillée

Nous sommes assis en demi-cercle. Devant nous un espace dégagé ; il nous relie à la table de communion et à la grande Bible ouverte. Derrière, dans la pénombre, se dresse comme à l’habitude la croix. Sur des caissons, sorte de tables basses, un certain nombre de petites bougies, éclairent la pièce par en bas, si bien que, même à 12 ou 15 personnes, nous ne nous sentons pas perdus dans la configuration de la salle. Le lutrin et les chaises en surnombre sont rangés au fond du temple. Dès qu’on entre, on aperçoit un endroit où l’on est accueilli. Il faut s’avancer, même les timides. Impossible de s’asseoir à la dernière rangée : il n’y en a qu’une. Chacun y trouve sa place, pas trop proche, pas trop loin des autres. La relation est fraternelle, paisible, même si on ne se connaît pas forcément. La lumière tamisée invite à se détendre.

Puisque ce soir-là nous n’avons pas de musiciens parmi nous, un fond de musique classique crée un climat de silence et de recueillement pendant que les uns et les autres arrivent et s’installent, sans commencer des échanges.

Pour ma part, après avoir tout installé bien avant l’heure, j’ai choisi une chaise à l’extrémité du demi-cercle ; cela me permet d’accueillir du regard ceux qui arrivent en retard et de faire signe de la tête à celles et ceux qui vont lire un texte. Je n’ai pas besoin d’être en face du groupe, je suis une personne parmi les autres. Au début je donne juste quelques indications concernant le déroulement : combien de temps durera le silence après la lecture de l’Évangile, la possibilité de formuler sa propre prière au moment de la louange et de l’intercession. Nous apprenons également un cantique, peu connu.

Nous utilisons le livre de cantiques habituel. Pour le début, j’ai choisi trois chants que tout le monde connaît. Même acapella, nous n’avons aucune difficulté à nous entraîner mutuellement. Il est vrai, je veille au rythme. La tendance est au ralentissement, comme si intériorité et lenteur allaient nécessairement ensemble.

Ensuite, une personne du groupe (désignée à l’avance et qui est habituée à la lecture publique) lit à haute voix et assez lentement le Psaume 139. Nous écoutons, simplement. Cette prière nous rejoint, nous déplace, nous ouvre et nous questionne. Quelles sont mes paroles à moi ce soir ? Lesquelles pourrais-je faire miennes ? Toujours en silence, chacun reçoit une copie de ce psaume que nous venons d’entendre. Pendant trois minutes nous reprenons ce texte, chacun pour soi, pour sélectionner les trois versets qui ce soir-là parlent le plus. Ensuite, c’est la même personne qui reprend la lecture du psaume à haute voix et en entier. Mais cette fois tous joignent leur voix à celle du lecteur, chaque fois qu’il arrive à un des versets choisis. L’effet sonore est étonnant : parfois on n’entend qu’une seule voix, parfois deux ou trois, parfois une dizaine en même temps.

Nous chantons encore. J’ai choisi un cantique connu, un autre moins connu, celui pour lequel il y a eu un moment d’apprentissage au début. Suit la lecture d’un passage de l’Évangile. C’est une autre personne qui lit, elle aussi à partir de sa place. Tous savent que le temps de silence qui suit durera 10 minutes. Rester intérieurement avec le texte de l’Évangile (ou celui du psaume). Prendre place, se situer soi-même dans l’histoire. Qu’est-ce qui m’étonne ? Qu’est-ce qui m‘interroge dans les différentes attitudes et les mots qui sont échangés ? Quelle pourrait être ma place ? Et qu’est-ce que je dirais ? Recueillir aussi ce qui m’est dit à moi.

Au bout des dix minutes, j’entonne doucement et sans rien dire un chant de Taizé que l’on peut reprendre par coeur et à plusieurs reprises. Par exemple « Dans nos obscurités, allume le feu qui ne s’éteint jamais » ou « La ténèbre n’est point ténèbre devant toi ». On peut aussi chanter un canon comme « Heureux celui qui écoute la parole de Dieu et qui la garde ».

Suit le temps de la prière partagée et de l’intercession. Nous avons prévu une dizaine de minutes pour ce moment. Je commence avec une formulation libre, en lien avec ma propre méditation, où action de grâce et demande se mêlent. Celles et ceux qui le désirent prennent la parole, sobrement, chacun quand il se sent prêt, pour exprimer une louange, une demande pour soi ou pour les situations qui le préoccupent. Je reprends la prière pour introduire le« Notre Père », chanté selon la mélodie de Rimsky-Korsakov, et terminer avec la bénédiction.

Après le dernier chant, on reste dans une atmosphère de calme et les quelques échanges entre l’un ou l’autre se font à mi-voix et sur un fond de musique méditatif.

Tout vendredi saint est suivi
d’un lumineux matin de Pâques.
Claire MARCHANDISE,
Éditrice de livres d’art.

Quelques précisions pratiques

Lieu le plus adéquat : Le lieu habituel du culte ; sinon : une salle paroissiale ou chez un particulier.

Durée : 45 à 60 minutes.

Jour de la semaine et horaire le plus adapté : Un soir en semaine.

Type de public visé : Tout public, inter-générationnel, au sein d’une Église ou inter-confessionnel.

Intérêt de la manifestation ou témoignage : ressourcement personnel et communautaire ; enracinement spirituel.

Retour sur la manifestation

Beaucoup de personnes connaissent seulement le culte comme lieu de célébration religieuse. Se retrouver dans un climat de silence, d’écoute et de prière commune permet de découvrir et de se nourrir d’autres formes de spiritualité. Quels sont les écueils à éviter ? Ne pas confondre silence et lenteur, recueillement et tristesse. Veiller à un déroulement dynamique et une expression musicale joyeuse.

Personne ressource
Pasteure Agnès von Kirchbach

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Agnès von KIRCHBACH

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